Plovan : la chapelle de Languidou

Pile et chapiteau de la chapelle de Languidou, au décor de fleur de lys

Historique

La chapelle de Languidou aurait été construite au milieu du XIIIe siècle. Cette hypothèse de datation est basée sur une inscription figurant sur l’un des chapiteaux et mentionnant « Auvredus Gurreau ». La rosace gothique du chevet date du XVe. Depuis 1962, l’association des amis de Languidou s’affaire au sauvetage de l’édifice, abandonné depuis la Révolution et en ruines depuis la fin du XVIIIe siècle.

Les ruines de Languidou à Plovan

Chapiteau avec la mention « Auvredus Guerreau »

La chapelle de Languidou a été placée sous le vocable d’un saint maritime : saint Guy (Guidou en breton). Ce choix s’expliquerait par la proximité de la mer. L’édifice a possiblement été un ermitage à l’époque de son édification. En effet, « lan » signifiant « ermitage » en breton, « Languidou » signifierait donc littéralement « l’ermitage de Guidou ».

La chapelle aurait été construite vers le milieu du XIIIe siècle, mais cette datation reste incertaine. L’étude de deux inscriptions, encore présentes sur des chapiteaux, aurait amené les chercheurs à cette hypothèse.

L’une porte le nom du maître d’œuvre, Auffray Gurriec, jusqu’alors inconnu.

La seconde donne des informations sur les commanditaires, dont le chanoine Guillaume. Plusieurs chanoines Guillaume auraient été mentionnés entre la fin du XIIe siècle et la fin du XIIIe siècle, permettant de donner cette hypothèse de datation.

L’édifice a été restauré à la fin du XIVe siècle, ou au début du XVe siècle, époque de construction de la rose du chevet.

Pendant la Révolution, en 1794, la chapelle a été abandonnée et détruite, permettant le réemploi de pierres et de couverture dans un corps de garde de la commune de Plovan.

Dans les années 1960, les ruines ont été restaurées et consolidées, notamment avec le remontage de certaines piles.

La chapelle est classée Monument Historique depuis 1908.

Rosace gothique (XVe), au chevet

Architecture

La similitude des élévations de Languidou avec l’église de Pont-Croix s’observe au niveau des piles, composées de quatre, six ou huit colonnettes, surmontées de chapiteaux au décor géométrique, reliées par des arcs en plein cintre constituées de moulures. Ces dernières sont reçues au niveau du chapiteau par un décor de bec de sifflet. Ici également les bases des piliers s’appuient sur des bancs.

La rosace gothique de la chapelle de Languidou

La chapelle de Languidou à Plovan est l’une des meilleures représentantes du style de Pont Croix, bien que plus tardive.

Elle se composait d’une nef à quatre travées et d’un chœur à trois travées agrémentés de bas-côtés et clôturé par un chevet plat. La nef et le chœur étaient séparés par un arc diaphragme dont il reste les piédroits à colonnettes engagées aujourd’hui. Celui-ci devait probablement supporter le clocher.

Les ruines et le calvaire depuis la façade sud

Les piles du chevet, pleinement apparentées à celles de Pont-Croix

Le chœur comporte encore les élévations de trois arcades en plein cintre, identiques au style architectural de Pont-Croix. 

Celles-ci sont supportées par des piles cantonnées de quatre, six ou huit colonnettes fines et engagées, reposant sur des bases circulaires. Seule l’une d’entre elles est de forme carrée.

Les chapiteaux des piles sont décorés de sobres motifs géométriques.

Dans la nef, subsiste des vestiges : deux piles correspondant à celle du chœur, des bases, et quelques chapiteaux d’autres piles.