Plozévet : la chapelle de la Trinité

Façade sud de la chapelle de la Trinité à Plozévet

Historique

La chapelle de la Trinité aurait été fondée par le seigneur de Pont-Croix à la fin du XIVe siècle. Une inscription sur l’aile sud confirme une reconstruction au XVIe. Une troisième phase de construction a lieu au XVIIIe, avec l’édification de la sacristie. Les pardons de la Trinité étaient très fréquentés, notamment celui de saint Herbot, patron des bêtes à cornes.

Entrée par la nef, partie la plus ancienne

Le retable du 17ème, récemment restauré, est un des plus beaux de la région

A la limite du pays Bigouden et du Cap-Sizun, la chapelle de la Trinité se situe dans la paroisse de Plozévet. Le seigneur de Pont-Croix serait le fondateur de cet édifice.

La construction de la chapelle primitive a été située à la fin du XIVe siècle, dans les années 1380. À cette époque elle a bénéficié du soutien de Monseigneur Le Barbu, évêque de Quimper, dont les armes figurent dans la maîtresse-vitre du chevet.

Porte caractéristique du style Louis XII avec anse, panier, niches, colonnes torses

L’édifice a été remanié au XVIe siècle, avec la construction du vaisseau transversal. Le mur du croisillon sud porte la date de 1566. Sur le pignon du chevet, apparaît la date du 10 mars 1578.

Une dernière période de travaux, au début du XVIIIe siècle (1702-1703), a vu l’édification de la sacristie à l’est du transept, avec des pierres de réemploi du manoir de Kéringard.

La chapelle comporte un enclos paroissial, et un calvaire représentant Dieu le Père, une Vierge à l’Enfant et la Trinité.

Elle a été partiellement classée Monument Historique en 1914.

Architecture

Au nord, les cinq piles du bas côté, à colonnettes engagées, la mouluration des arcades et le socle des élévations, adoptent le parti architectural de Pont-Croix. L’adoption de l’arc brisé et le décor des chapiteaux, ornés de feuilles grasses, s’éloignent du modèle. Le reste de l’édifice de Plozévet, de la seconde partie du XVIe siècle, fut à son tour modèle dans le premier style Renaissance.

Chapiteaux décorés de feuillages, contrastant avec le style géométrique habituel

Vue sur la nef avec les piles caractéristiques de l'école de Pont-Croix

La chapelle de la Trinité présente un plan en T, avec un chevet légèrement saillant. L’édifice comporte deux parties très différentes, le vaisseau transversal et la nef, qui se rattachent chacune à deux écoles architecturales importantes de Cornouaille.

Le vaisseau transversal, plus récent, présente un décor luxuriant de style Louis XII qui contraste avec la nef obscure au décor répétitif. Ce style a été introduit par les Rohan, puissante famille et grands constructeurs, dont on retrouve les armoiries dans la maîtresse-vitre.

Cette construction du XVIe siècle est aussi intéressante en ce qui concerne l’extérieur. Nous pouvons voir sur la façade occidentale, une porte moulurée en anse de panier, des niches sans ou avec colonnettes torses et une fenêtre flamboyante.

Socle de piles à banquette débordante, qui pouvait servir de siège

La chapelle comprend une nef à cinq travées avec un unique bas-côté au nord. Cette partie qui subsiste de la chapelle primitive, se rattache au style architectural de Pont-Croix.

Cette nef charpentée, restaurée en 1983, est séparée du transept par un arc diaphragme qui supporte le clocher. A l’origine, les cinq travées de la nef devaient se prolonger jusqu’au chevet. Les arcs sont en tiers-point.

Les colonnes, toutes identiques, reposent sur un socle cylindrique à banquette débordante, et sont constituées de quatre colonnettes engagées. Les chapiteaux de ces piliers sont décorés de feuillages et de grotesques, qui contrastent avec le style géométrique des chapiteaux de l’église de Pont-Croix et des premiers édifices du groupe, mais qui se retrouvent dans quelques chapiteaux de la chapelle Notre-Dame de Penhors.