Influences : la vie des saints bretons, leur histoire et leur culte

Hagiographie

Dictionnaire des saints bretons par PJ Hélias

L’hagiographie est l’étude scientifique des saints, de leur histoire, de leur culte.

Les édifices appartenant à l'école de Pont-Croix sont, pour bon nombre d'entre eux, dédiés à des saints. Parmi ceux-ci, treize sont d’origine bretonne, ce qui témoigne de l’attachement des Bretons à un particularisme religieux.

Certains saints sont connus seulement dans l'église dont ils sont le patron. D'autres sont vénérés dans de nombreux édifices en Bretagne.

Le culte de Notre Dame est également très répandu, puisque pas moins de sept églises et chapelles relevant de l'école de Pont-Croix sont dédiées à la Vierge.

Bibliographie : Pierre Jakez Hélias, Dictionnaire des Saints Bretons, Sand et Tchou, 23 septembre 1988, 394 pages.

Saint Alour

Statue de saint Alour, patron de Tréméoc

ou Allor, Alors ou Talor. Un pardon a lieu le dernier dimanche d'octobre à Ergué-Armel, paroisse de Quimper.

Troisième évêque du siège de Quimper, il succéda au VIe siècle à saint Corentin et à saint Conogan. Saint Alor n'est pas connu autrement.

On honore saint Alor comme patron des chevaux que le saint a la vertu de protéger.

Titulaire de l'église d'Ergué-Armel, il est le patron de Ploubazlanec (Côtes-d'Armor) et de Tréméoc, en Finistère. Une église, aujourd’hui en ruine, lui était dédiée autrefois à Tréguennec (Finistère) ; son culte a été transféré dans l'église paroissiale.

De nombreuses statues de saint Alor sont vénérées dans le Finistère : à Ergue-Armel, à Plobannalec, dans l'église de Tréguennec (statue du XVIIIe siècle et vitrail moderne).

Saint Annouarn

Saint Annouarn est également connu sous le nom de saint Tanouarn ou Alouarn.

Il est le patron d'une chapelle construite en la paroisse de Peumerit, dans le Pays bigouden (sud Finistère).

Il est aussi le patron de l'église paroissiale de Peumerit, qui comporte une statue de ce vieux saint local.

Saint Annouarn (ou Alouarn) tête nue tenant sa crosse

Saint Boscat

Saint Boscat ne nous est connu que par une église du XVe siècle, dédiée en son honneur à Trégoat, près de Pont-l’Abbé.

Cette église possède une statue de son saint patron, en costume épiscopal.

Saint Boscat

Saint Budoc

Saint Budoc

Au VIe siècle, le comte de Goëlo, en Tréguier, épousa Azénor, une fille vertueuse et belle. La nouvelle femme du père d'Azénor la prit en haine et l'accusa d'inconduite. Renvoyée à son père, elle fut condamnée à être enfermée vivante dans un tonneau qui serait ensuite jeté à la mer.

Durant cinq mois, Azénor flotta au gré des vagues, nourrie miraculeusement par son ange gardien et mit au monde un fils. Le tonneau s'échoua en Irlande, où l'enfant fut baptisé Budoc (le noyé).

Nommé archevêque-roi en Irlande, Budoc se démit de ses charges et embarqua sur une auge de pierre pour revenir en Armorique, à Plouvin. Il succéda à Magloire au siège archiépiscopal de Dol, où il mourut.

L'évolution du nom Bodeg en Beuzeg fait de ce saint l'éponyme et le patron des paroisses de Beuzec-Cap-Caval, Beuzec-Cap-Sizun, Beuzec-Conq, en Finistère.

Saint Clet et saint Cleden

Variantes : Anaclet, Anacletus (lat) ; Cletus (lat).

Né à Athènes, il fut pape de 79 à 91. Lapidé sous Domitien, son corps fut enseveli près de saint Pierre.

Saint Cleden fut le premier patron de l'église paroissiale de Cléden-Cap-Sizun. Aux XVe et XVIe siècles, il y eu confusion avec le nom de Clet, due à l'orthographe du moyen-breton et depuis le XVIIe siècle, le culte de saint Clet au supplanté le culte du vieux saint breton local.

Saint Cléden

Saint Cuffan ou saint Cuvan

Ce nom serait dérivé du mot breton « kunv », soit doux, aimable. Saint Cuffan a donné son nom à la paroisse de Pluguffan, dont il est le patron.

Dans l'église de Pluguffan figure une statue du saint éponyme, en costume épiscopal.

D'autres statues en bois polychrome y sont présentées. Pluguffan était jadis une vaste paroisse primitive.

Saint Cuffan, connu aussi sous le nom de saint Cuvan

Saint Démet

Saint Démet

Ce saint, fêté le 1er janvier, est aussi connu sous les noms de Demat, Tevet, Ewet au Dervel.

Les paroisses de Plozévet, Esquibien, Plounevez-Lochrist et Guisseny (Finistère) sont placées sous son invocation.

Il est l'actuel patron de l'église paroissiale et de la chapelle Saint-Démet en Plozévet, autrefois Ploe-Demet.

Une chapelle aujourd'hui disparue existait jadis à Kergaradec en Plounevez-Lochrist. Au XVIe siècle, il était le patron de la chapelle Sainte-Edwette en Esquibien.

À Plozévet, il est représenté dans l'église par une statue en évêque mitré, une autre statue du XVIe siècle figure dans la chapelle Saint-Démet, une troisième dans la chapelle de la Trinité.

Saint Enéour

Saint-Enéour

Saint Enéour est également connu sous les noms de Eneuuor, Eneuur, Enemorous (en latin), Enemour.

Enéour fut abbé au IVe siècle. Selon la tradition, il était le frère de sainte Thumette ou Edwet.

De nombreuses paroisses du Finistère vénèrent saint Eneour :

Les paroisses de Plounéour-Menez, Plounéour-Trez et Plonéour-Lanvern sont sous son invocation. A Quéménéven, une chapelle bâtie sous le vocable de Saint-Enéour était dite aussi Saint-Enegoret, puis Saint-Grégoire.

Des statues modernes le représentent dans ces paroisses, ainsi qu'un vitrail moderne dans la chapelle Saint-Egarec à Lesneven.

Saint Ergat

Variantes du nom : Aercat, Hergat ou Tergat.

Saint Ergat a donné son nom à Pouldergat, Treouergat et Louargat en Finistère. Il y a un hameau Lanergat en Poullan-sur-Mer.

Ce saint est évoqué au bourg de Treouergat où le moine possède une fontaine de dévotion renommée pour la guérison des rhumatismes. Une statue ancienne représente saint Ergat en évêque dans l'église de Pouldergat dont il est le titulaire. Une autre statue est présentée à Treouegat.

Cette représentation de saint Ergat figure sur une bannière en l'église de Pouldergat

Saint Faron

Saint Faron, patron de l'église de Pouldreuzic

Élevé à la cour du roi d'Austrasie, il devint référendaire1 auprès du roi Clotaire II puis de son fils Dagobert I. A la mort de sa sœur, il entre dans le clergé, et, vers 627, sa réputation lui vaut d'être élu évêque de Meaux, siège qu'il occupe jusqu'à sa mort vers 678.

A sa nomination, il fit don de la totalité de ses biens : pour subvenir aux besoins des clercs de sa cathédrale, au profit du monastère d'Evoriac créé par sa sœur Fare et, enfin, pour fonder le monastère de la Sainte-Croix, au nord de Meaux, qui portera, à sa mort, son nom.

Faron a contribué efficacement au mouvement de la rénovation monastique initié par saint Colomban.  

1. officier qui faisait le rapport des lettres royales dans les chancelleries, pour qu’on décidât si elles devaient être signées et scellées

Saint Gorgon

Saint Gorgon, dont on trouve une statue à Plovan

ou Gourgon, Glogon, Golcon.

A Trémuson, près de Saint-Brieuc, saint Gorgon était autrefois évoqué pour obtenir la guérison de la fièvre.

Il est le patron de l'église de Plovan et des chapelles de Trégastel, (Saint-Georges), de Tremuson, disparue en 1611, de Pleslin (la Gorandière), détruite, et d'une église ancienne à Rumengol.

Plusieurs chapelles de Haute Bretagne, en Ille-et-Vilaine notamment, sont placées sous ce vocable ; cependant il s'agirait de saint Gorgon de Nicomédie, également vénéré en France.

Les églises de Plovan, Trégastel et Trémuson possèdent une statue du saint.  

Saint Herbot

Statue de saint Herbot, que l'on peut admirer dans l'église ND de Confort

ou Haer-palt, Erbotius, Herboth, Herbaut, Herbaud, Erbot, Derbot.

Ce solitaire breton, patron des bêtes à cornes, vécut à Berrien, au VIIIe siècle.

Le jour du pardon, la tradition voulait que l'on dépose sur l'autel de Saint Herbot une touffe de crin prise à la queue de l'animal. Jadis, on lui offrait un bœuf ou une vache tout entier et l'animal, vendu aussitôt aux enchères, portait bonheur, tout le reste de l'an, à l'étable qui le recevait.

Un vieil usage voulait aussi que le jour de la Saint Herbot, le 17 juin, tous les bœufs de Cornouaille se reposent.

Il est le patron de nombreuses chapelles en Basse-Bretagne. On vénère sa statue dans d'innombrables édifices religieux de Basse-Bretagne. Son tombeau se trouve dans la chapelle de Plonevez-du-Faou.  

Saint Hilaire

Statue Saint Hilaire en l'église de Clohars-Fouesnant

Né en 315 dans une famille païenne de l'aristocratie gallo-romaine, il se convertit au contact de la Bible et est baptisé adulte.

Élu par les Chrétiens, il devient le premier évêque de Poitiers, qui est une des plus grandes villes de la Gaule (20 000 h.). Il s'oppose et lutte contre l'hérésie Arienne, religion des Wisigoths, régnant sur la Cité. En exil en Phrygie, il s'initie à la théologie grecque.

Il retrouve Poitiers et son ministère vers 360-361. Il s’attelle alors à faire régner l'orthodoxie et la paix religieuse, par ses écrits et œuvres d'exégèse. Il compte parmi ses disciples Saint Matin de Tours, futur fondateur de l'abbaye de Ligugé. Il meurt en 367.

Son œuvre écrite, marquée par ses sources grecques, lui vaut d'être élevé au rang de docteur de l’église en 1851.

Saint Kidou

Saint Guy a supplanté saint Guidou à Plovan

ou Kido, Guidou, Quidou, Kideau, Guido, Quido, Guy.

Cet ermite breton inconnu s'est installé dans le sud Finistère, en pays bigouden, où plusieurs chapelles sont placées sous son patronage : au Cosquer à l'île Tudy, à Loctudy, à Plovan (en Languidou) où elle était dite aussi chapelle Saint-Guy.

Il a donné son nom aux lieux Treguido et Saint-Guidou en Loctudy, en Plobannalec.

Une statue le représente en costume épiscopal du XVe siècle à Loctudy. A Plovan, sa statue est dite Saint-Guy, car ce dernier supplanta le vieux saint local dont on ignorait la légende.

Saint Magloire

Saint Magloire

ou Maglar, Maeler, Meler, Meiler, Maglorius, Meylar, Meilar, Meilars.

Au VIe siècle, Magloire, originaire de Grande-Bretagne, fit ses études avec son cousin Samson dans un monastère du Pays de Galles. Adulte, ce fut Samson, déjà évêque, qui consacra Magloire diacre. Il embarqua pour l'Armorique avec Samson qui lui confia, après l'avoir fondé, la direction du monastère de Kerfeunteun près de Dol.

Mais Magloire avait la vocation de la solitude monastique. Grâce à un don du comte de Loyesco, seigneur de Jersey, qu'il avait guéri d'une affeuse maladie de peau, Magloire y fonda un monastère et put s'adonner à l'oraison et à l'austérité.

L'hagiographie, outre la guérison des plaies, lui attribue aussi la résurrection d'un mort.

Saint Mélar

Saint Mélar

Patron et éponyme de Locmelar, Saint-Meloir, Tremeloir, il est aussi patron de Lanmeur (Finistère), de Melrand (Morbihan) et de l'église de Groix (sous ce vocable dès le XIe siècle).

Second patron de la chapelle de Sainte-Anne-La-Palud en Plonevez-Porzay (Finistère), il est également titulaire d'une dizaine de chapelles dans le Finistère et les Côtes-d'Armor.

A Locmelar, les eaux de la fontaine sont réputées guérir des rhumatismes. A Bringolo, on le priait pour qu'il préserve les vaches de diverses maladies.

De nombreuses statues sont honorées en basse Bretagne. A Lanloup, dans les Côtes-d'Armor, se situe une tombe dite de saint Melar. L'église paroissiale de Lanmeur possède le tombeau du saint et sa source qui jaillit dans la crypte. Au retable du maître autel, des médaillons relatent sa vie. 

Saint Menou

Statue de saint Menou, conservée en l'église de Saint-Menoux (Allier)

Né en Irlande, Menou suit le mouvement d'émigration vers le continent au Vème siècle.

Arrivé en Armorique, il est remarqué par saint Corentin, qui le nomme prêtre.

A la mort de l'évêque de Quimper, il est choisi par le peuple pour lui succéder.

Sur le chemin du retour d'un pèlerinage à Rome, il meurt à Mailly (aujourd'hui Saint-Menoux) en Bourbonnais (Allier).

Son tombeau est conservé actuellement dans le chœur de l'église.

Ses reliques sont réputées guérir les "bredins", les simples d'esprit.

Saint Paban

Saint Paban, patron de l'église de Lababan en Pouldreuzic

ou Tudwal, Tutwal, Tugdualus, Tugdual, Tudzval, Tual, Thual, Tudal, Thudal, Pabuth, Pabu, Pabin, Pabeu.

Pabu ou Père est le titre ancien de supérieur monastique. Pabu est le génitif de Papa ; d'où la confusion avec le mot pape, que la légende attribua faussement à saint Tudwal.

Fondateur de l'ancien évêché de Tréguier, saint Tudwal est né au IVe siècle dans l'actuel Devonshire. De sang royal, il se consacra très jeune à Dieu. Sa vie exemplaire et sainte l'avait désigné à ses frères, qui l'élurent leur abbé. Sur les injonctions d'un ange vu en songe, il aurait émigré en Bretagne avec soixante-douze des ses plus fervents disciples. Il établit son grand monastère, Lann Tréguer, Le Tréguier de nos jours.

Persécuté, il partit en pèlerinage à Rome mais les Trégorrois le rappelèrent.

Sainte Trinité

La représentation de la Sainte Trinité repose sur le dogme chrétien du Dieu unique incarnant trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Dans l'art religieux, les trois entités sont souvent représentées dans les cieux aux côtés de figures saintes qu'ils surplombent.

Une statue de la Trinité, visible dans la chapelle éponyme, à Plozévet

Sainte Vierge

De nombreuses chapelles sont dédiées à la Vierge. Le culte marial est très présent en Bretagne. Il est lié au culte de sainte Anne qui remonte au XIIe siècle. La mère de Marie, grand-mère du Christ, serait née en Bretagne. On la présente comme la grand-mère des Bretons.

Le culte à Notre Dame apparaît à la fin du XIIe siècle également. Il se développe principalement grâce aux ordres mendiants.  

Statue en albâtre très ancienne, à ND de Laguivoa (Plonéour-Lanvern)